Combien de temps allons-nous continuer à courber la tête, à accepter l’inacceptable ? Combien de temps des bonimenteurs vont-ils continuer a diriger nos vies, se foutre de nous et vivre à nos dépends ?
Combien de temps allons-nous regarder passivement ces parasites, poly-tiques, vider de tout son sang le pays et s’accaparer le fruit de notre travail collectif ?

Sommes nous si satisfaits de notre sort, de nos gouvernements, pour que les mobilisations récentes n’aient été que très peu suivie dans notre pays ? Sommes nous à ce point formatés, dressés pour ne surtout plus regarder la réalité en face? Sommes nous si résignés,  si soumis à notre sort, qui sera triste, n’en doutez pas, si nous l’abandonnons avec fatalité à d’autres ?

Actuellement c’est le monde entier qui se soulève contre la dictature des marchés, des spéculateurs et des banques. Un monde qui veut du changement, une réelle démocratie et non pas l’ersatz frelaté qu’on nous sert.  En France cependant la protestation est faible. On a quand même vu l’école privée dans la rue et des retraités manifester contre l’austérité mais la mobilisation est restée en dessous de ce qu’elle devrait être.

Il y a pourtant de quoi s’indigner ! Corruption, mensonges, affaires en tout genre, hold-up néolibéral sur nos acquis sociaux, accroissement des inégalités, de la pauvreté… Nos oligarques se surpassent ! Nous filons tout droit vers le 19eme siècle et sa misère avec cette contre révolution néolibérale qui restaure le capitalisme prédateur tel qu’il existait avant qu’une guerre mondiale ne « mette un peu d’ordre » et un semblant de justice la dedans.

La semaine dernière une femme désespérée tentait de s’immoler devant l’Élysée… Combien faudra t’il de suicides de salariés, combien faudra t’il de misère pour qu’enfin les français se rappellent qu’ils savent et doivent faire une révolution ? Selon certains commentateurs l’approche de l’échéance électorale serait la raison de cette faible mobilisation. Le messie viendra t’il des urnes ? Vu l’état de notre (imparfaite) démocratie parlementaire et le déficit démocratique alarmant des institutions européenne qui régissent notre condition, permettez moi d’en douter ! Sauvons nous nous même !

Le train de mesures d’austérité engagé par le « fondé de pouvoir de l’oligarchie en place » qu’est Nicolas Sarkozy n’a pas encore donné sa pleine mesure et le « meilleur est a venir ». Il ne fait aucun doute en effet que cet ensemble de régressions sociales désigné du doux nom (euphémisme ?) de reforme par le valet du CAC 40 aura à terme le même impact que dans les pays plus gravement touchés que le notre. Il n’y a qu’à se pencher sur l’histoire récente de l’Amérique du sud pour avoir une vision (cauchemardesque) de l’aboutissement de la doctrine économique des « Chicago boys » actuellement à l’œuvre dans nos contrés. Ou encore de regarder le phénomène a l’œuvre aux USA ou la mortalité infantile augmente alors que ce pays a déjà le plus fort taux des pays dit développés. L’espérance de vie est également en baisse, dans la première économie du monde !!

Dans sa dernière (et au combien mémorable… sic) intervention télévisée Mr Sarkozy est resté fidèle à lui-même et à ses convictions, à ses mensonges. Alors même que les premiers effets de sa politique se font déjà sentir. Toujours la même rengaine ! Les mêmes faux arguments, les chiffres truqués pour défendre la même idéologie obscurantiste… Et pourtant ! Sur le plan des retraites on l’a vu, il n’y avait pas matière à réforme et de plus le président n’a pas tenu les promesses du candidat… Bravo les valeurs ! Encore et toujours l’évocation du fumeux « modèle » Allemand ! Pays développé qui, selon l’OCDE, a connu la plus forte croissance des inégalités, de la pauvreté ces dernières années et qui possède des rémunérations parmi les plus faibles d’Europe occidentale ! Le « président des riches » se pose également, dans cet exercice de propagande honteuse, en sauveur de notre modèle social alors qu’il en est le fossoyeur en organisant l’insolvabilité de l’état ! Du grand n’importe quoi !

En outre, comme le font remarqué les sociologue Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot « Quand un français sur six pointe à pôle emploi, le slogan travailler plus pour gagner plus perd tout son sens. » Mais le candidat potentiel à l’élection présidentielle ne nous aura même pas épargné cette redite ! Preuve s’il en est de son manque d’imagination et de son incapacité à entendre et résoudre les problèmes des français (enfin, des français les plus pauvres surtout). Une qualité ressort pourtant de l’analyse de cette antienne : sa capacité de résistance au ridicule.

En ce qui concerne la médiatique dette, instrument ultime d’asservissement des populations, les différentes mesures de ce gouvernement l’ont fait exploser (de 64,2 à 84,5% du PIB de 2007 à mars 2011) à force de cadeaux fiscaux aux plus aisés. Puis il y eu le sauvetage des banques avec l’argent du contribuable, sans contreparties… Autrement dit, la transformation d’une dette privée (causée par la finance) qui se voient transformer en dette publique (réglée par le contribuable) par la magie néolibérale de notre apprenti Garcimor de président. (Bon ok ce n’est pas sympa pour Garcimor. Désolé).

« Toute ressemblance entre le peuple français et un pigeon serait purement fortuite »

D’ailleurs au sujet de cette dette, un collectif national a été crée afin de demander un audit sur celle-ci et de vérifier ainsi sa légitimité. Je vous invite à aller sans tarder signer la pétition ici http://www.audit-citoyen.org/. L’Equateur a réalisé en 2008 un tel audit et celui-ci a mis en avant le fait qu’une grande partie de la dette était illégitime. Le pays a donc décidé de ne pas rembourser ces sommes. Tachons de ne pas tomber dans ce piège odieux qui condamnera ce qui reste de protection sociale dans notre pays et exigeons nous aussi que soit réalisé un audit ! Rien ne nous oblige à régler des dettes que nous n’avons pas contractées ! Contrairement à ce que veut nous faire croire toute la classe politique au ordres des spéculateurs ! Il n’y a pas de fatalité, il suffit juste de se mobiliser ! Ensembles nous pouvons changer l’ordre établi. Il faut juste le vouloir. Tout le monde a le droit de vivre décemment et notre bien être est  lié au bien être des autres. Il est bon de se le rappeler.

Affranchissons nous de l’influence pernicieuse  de cette pensée unique destructrice, de l’égoïsme véhiculé par celle ci. Retirons nos œillères et regardons notre monde. Regardons notre œuvre collective et tachons d’y apporter les changements qui s’imposent. Car si certains font mal les choses ici bas, ne se souciant que de leurs intérêts et de ceux de leur classe, la grande majorité se rend également complice, par son aveuglement, sa soumission, son fatalisme. Nous avons un devoir moral vis-à-vis de nos enfants. Nous n’avons pas le droit d’hypothéquer leur avenir pour satisfaire la cupidité d’un système prédateur et idiot qui, comme le disait déjà Marx détruit ses propres sources de profit, le travail et l’environnement. Autrement dit la planète et ses habitants. Il faut mettre un terme au grand gaspillage marchand, à son obsolescence programmée. Au dogme de la croissance, à l’exploitation désordonnée de tout ce qui peut l’être et conduit à épuiser les ressources de la terre. Ce qui risque même de mettre en péril l’avenir de toutes les espèces présentes sur le globe, y compris la notre.

On parle souvent de « moraliser le capitalisme » mais ne serait il pas plus judicieux de commencer par moraliser les capitalistes ? En effet, si j’en crois les « valeurs » de notre société, personne ou presque, ne souhaite, à priori, faire du mal ou faire souffrir les autres. Ou encore laisser quelqu’un en difficulté ou ne pas assister une personne en danger. Et pourtant, il est des gens qui n’obéissent pas à ce bon sens. Il ne devrait pourtant même pas y avoir matière à légiférer sur ce sujet… Des hommes et des femmes qui ne viennent pas en aide à leur prochain,  et qui laissent des gens mourir de faim. Des gens qui exploitent les autres pour leur profit et qui en plus, par je ne sais quelle perversion de la pensée trouvent ça normal, juste ! Jean Ziegler va jusqu'à dire que « les spéculateurs, les requins de la finance, les monstres froids des grandes banques devraient être transférés devant un Tribunal de Nuremberg pour crimes contre l’humanité ». Les immenses profits générés par notre travail vont toujours dans les mêmes poches. On a chiffré ce que cela coûterait de résoudre de manière pérenne la faim dans le monde. Ce coût est loin d’être astronomique si on considère que le prix d’une bonne grosse guerre bien sanguinolente lui est supérieur. La production agricole actuelle (bien qu’imparfaite) permet de nourrir 12 milliards de personnes.  Alors ?!

C’est que notre système (corrompu) repose sur l’injustice, sur une certaine idée de l’individualisme, expurgé de ce qu’il a de positif pour le réduire à un égoïsme triomphant. Sur l’exploitation du plus faible, sur l’enrichissement matériel à tout prix, sur l’inégalité. Celle-ci se retrouve à tous les niveaux. Solutionner ces problèmes revient à remettre en cause tout le système. On voit bien ici que ni le PS, ni le Front national ne sont en mesure de réaliser une pareille « réforme ». D’ailleurs ils ne l’envisagent même pas dans leurs programmes… Tout au plus proposent ils quelques aménagements et limitations au capitalisme pour que tout continue comme avant pour leur plus grand avantage et celui de leur classe sociale. Un élément de réflexion parmi tant d’autres : les cadres, ingénieurs, professions intellectuelles supérieures représentent 13% de la population active et 81% des députés. Les employés et ouvriers qui représentent 58% de cette population ne se voient attribués qu’un (1) petit pourcent de députés issue de leurs rangs. On ne peux que remarquer que ceux qui nous « représentent » ne constituent pas un « échantillon représentatif » de la population française et par conséquent le risque est grand qu’ils soient plus enclin à défendre leurs intérêts plutôt que les nôtres.

Il me parait également intéressant de citer ici une étude réalisée en 2009 par la New Economic Fondation citée par Pierre Rimbert dans le « Monde diplomatique » et qui démontre l’absence de logique dans l’établissement des rémunérations et souligne la profonde injustice de la répartition de celles ci. La méthode utilisée, dite du « retour social sur investissement » met en avant le peu de « valeur sociale » de métiers qui sont pourtant parmi les plus rémunérateurs soulignant encore l’incohérence de notre société.

La démocratie ne se résume pas à signer à intervalles réguliers un cheque en blanc à des dirigeants plus ou moins compétents, plus ou moins arrivistes, plus ou moins honnêtes. Celle-ci doit être défendue, améliorée chaque jour par les citoyens sinon on en arrive à la situation actuelle de corruption généralisée. Il est grand temps de reprendre en main les rênes de notre avenir commun. N’attendons pas que des gens comme Nicolas Sarkozy précipitent le pays vers la faillite. Aidé en cela par la connaissance de la « psychologie sociale » qu’ont leurs conseillés en relations publiques. Propagandistes professionnels qui manient à merveille notre ego, nos sentiments, nos émotions, nos peurs, notre crédulité, les stéréotypes, les images… Pour mieux nous manipuler et nous faire intégrer que leurs intérêts sont les nôtres. Ils savent par exemple que « La puissance des mots est si grande qu’il suffit de termes bien choisis pour faire accepter les choses les plus odieuses » (Gustave Le Bon). Ils ont compris que « La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays. » (edward Bernays). Vous remarquerez au passage la conception singulière de la démocratie qui se dégage de ces propos.

 En mars 2011 la section parisienne du MEDEF se réunissait pour traiter du thème de la « soumission librement consentie » avec comme question centrale « Comment amener les gens à faire librement ce qu’ils doivent faire ? »…

Cette faillite matérielle autant que morale de notre société est le résultat de la chimère néolibérale qui sert les intérêts des plus puissants qui nous méprisent à n’en pas douter. Chimère qu’ils ont progressivement introduit dans la société depuis trente ans par le biais de think tanks et autres relais médiatiques et qui est devenu la pensée maîtresse, unique. La seule « alternative » qu’ils nous offrent. Il s’agit pour nous de réapprendre à penser par nous même, à développer notre esprit critique à nous réapproprier le langage, redonner du sens aux mots qu’ils ont dévoyer pour servir leur cause. Au boulot mes camarades ! Travaillez plus pour raisonner plus !

Je laisserai le mot de la fin à Kropotkine « C’est seulement en nous constituant comme force, capable d’imposer notre volonté que nous parviendrons à faire respecter nos droits. » « Les libertés ne se donnent pas, elles se prennent. »

sources: monde diplomatique - Le président des riches Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot - Le rôle de l'état Kropotkine - La psychologie des foules Gustave Le Bon - Propaganda Edward Bernays - et tout au long de cet article.
05/30/2012 06:46

Good post dude

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